Les premières opérations d'améliorations foncières, dans les années 1940, ont supprimé bon nombre de zones humides et la commune de Lonay est entrée dans de profonds changements. Ce mouvement s'est accéléré à partir des années 1960 avec l'ouverture de l'autoroute A1 puis la construction de la gare de triage dans la plaine de Denges. Ces travaux ont fortement modifié le paysage et fait disparaître de grandes surfaces vertes. Subsistait toutefois, au lieu-dit Le Bomelet, à la limite nord du territoire communal, un bois sporadiquement inondé, le site étant situé au confluent des deux modestes ruisseaux, à savoir le Bief de Bremblens et le minuscule Flon (signalé sur le plan cadastral de 1683 - voir Toponyme) qui prennent leur origine respectivement à Bremblens et à Echandens. Ces ceux sources réunies forment alors le Bief qui se jette dans le lac à l'est de Morges. Afin de décourager des dépôts illicites, la commune y avait fait poser, très tôt, un écriteau «Réserve naturelle – Dépôts interdits».

L'écriteau "historique" signalant la réserve. De nombreuses améliorations ont eu lieu depuis!

Avec le soutien des autorités politiques et sous l’impulsion de Jean Oberhänsli, alors conseiller communal, un groupe d’action s’est constitué vers 1974 pour étudier, en collaboration avec Pro Natura (Ligue vaudoise pour la protection de la Nature) la pertinence d’un aménagement du site en véritable réserve naturelle. Une commission du Conseil communal de Lonay a même visité plusieurs plans d'eau dans la région de La Côte, notamment la Gouille Marion, à Mies, créée en 1972, de deux étangs artificiels dans l'Arboretum d'Aubonne et d'une petite roselière à Morges, pour se faire une idée des aménagements à prévoir.

En 1975, une étude géologique du professeur Daniel Aubert, étayée de sondages, montre que le sous-sol est composé d'une marne assez étanche pour convenir à une retenue d'eau. 

Le projet est approuvé par la commune en 1975 avec des travaux devisés à moins de 20'000.- francs. L'année suivante, le 7 mai 1976, un premier étang expérimental est creusé avec une petite prise d'eau aménagée sur l'un des ruisseaux. L’imperméabilité du sol ayant été vérifiée, ce plan d’eau de 300 m2 environ, d’un mètre de profondeur, est devenu le premier de son espèce dans l’Ouest lausannois. Le corps enseignant s'y est intéressé dès le départ, et dès 1984, la zone du Bomelet est protégée par son intégration dans le plan d’affectation communal de Lonay.

En 1993, trois étudiants du SANU (Institut de formation pour le développement durable), Francis Drayer, Christian König, et Pierre-Alain Mooser, effectuent, dans le cadre d'un travail de diplôme, une étude sur la réserve naturelle de Lonay. Établissant un plan de gestion pour la maintenance à long terme de ce site, ils proposent même la création d'un second étang.

A nouveau avec l'aide précieuse de la commune, un second étang de 400 m2, à l’aval du précédent, a pu être creusé en 1997, année de la première Journée mondiale des zones humides. L'alimentation est assurée par la première nappe d’eau et l'eau est restituée au ruisseau après avoir traversé encore une zone marécageuse. Ainsi, plusieurs secteurs humides variés ont pu se développer, ayant chacun leurs spécificités.
Les conditions cadres étant données, il ne restait plus qu'à laisser faire la Nature. Au cours des décennies, le site a été colonisé peu à peu par de nombreuses espèces végétales et animales, pour la plupart aquatiques et souvent menacées de disparition.

1999: une pollution accidentelle au mazout nécessite d'importantes mesures de nettoyage.

2010: curage à la pelle mécanique du premier étang, peu à peu remblayé par les apports de terre en suspension dans les eaux pluviales.

Cette réserve naturelle communale de Lonay s'étend maintenant sur environ un hectare. Elle est entourée d’un cordon boisé et constitue pour la Commune et pour la région un enrichissement dont la valeur biologique et éducative est indéniable.

En outre, la commune a obtenu que des surfaces de compensation écologiques soient créées en bordure de la réserve, sur les parcelles agricoles qui lui appartiennent. Ainsi, une précieuse zone tampon de plusieurs mètres de large crée sur le pourtour du site une transition entre les terres cultivées et le milieu naturel. Déjà plusieurs espèces de papillons, précédemment non répertoriés dans la région, y ont fait leur apparition.

Source: Jean Oberhänsli, «La réserve naturelle du Bomelet», La Nature Vaudoise (Journal de Pro Natura Vaud 132, octobre 2010).

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